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“Writing on snow”: Quand Masharawi grave sur la pierre

Zaman French | 2017-12-15 21:27:43
“Writing on snow”: Quand Masharawi grave sur la pierre

(Zaman Al Wasl)-  Un homme âgé obsédé par le temps. Son obsession se manifeste par sa collection de montres et d’horloges et le temps qu’il met à les réparer et les entretenir sans lassitude. 

Un jeune nerveux, assoiffé de pouvoir, extrémiste et jugeur. 

Une Femme, épouse de ce dernier, à l’image de la mère de famille orientale et ordinaire : accommodante à la soumission, dévouée à sa demeure, calme et tendre.
Une jeune divorcée à Londres elle rentre en Palestine et s’engage au croissant rouge. Progressiste, elle fait face à une société qui malgré l’occupation trouve le temps pour s’occuper des affaires des autres.


Le jeune blessé, un jeune ordinaire qui d’est trouvé à la mauvaise place au mauvais moment, un simple citoyen palestinien qui se trouve blessé, enfermé et accusé par le gazaoui d’espionnage… une victime qui finit par se révolter.

A première vue, ces cinq personnages se trouvent enfermés dans une maison ensemble à cause d’un ennemi en commun : l’entité sioniste.

Normalement, dans une telle situation, par habitude, on ne peut que s’attendre qu’à ce que nos cinq personnages palestiniens soient solidaires et que leurs débats tourneront autour de la résistance contre l’occupation israélienne. Mais Rashid Masharawi voit plus haut -ou plus profond- que le cinéma de la propagande de la cause palestinienne… son rôle ne se résume pas à crier des slogans contre l’occupation. Il fait la biopsie de la tumeur qui a fait durer la souffrance du peuple palestinien sans romantisme ni utopie.


-Quand le fanatisme est au pouvoir-


Le fanatique, si bien joué par Amru Waked, m’a emporté dans l’univers du fameux roman anglais « Sa Majesté des Mouches » de William Golding (The Lord of the Flies) qui nous raconte l’histoire de jeunes garçons qui, suite à un crash de leur avion sur une ile déserte, se trouvent sous l’emprise du plus charismatique voire le plus violent et avide de pouvoir. Ce gazaoui « lobotomisé » à cause de son fanatisme religieux, s’autoproclame chef des lieux et veut imposer sa loi, accusant le jeune blessé d’espionnage, la jeune engagée de frivolité et le vieil obsédé  du temps de lâcheté… Et malgré les bombardements, il veut trôner et imposer la chariaa en essayant d’imposer à tout le monde de faire la prière et en intimidant la jeune jusqu’à l’obliger à se couvrir les cheveux. Il accuse le blessé  d’espionnage et le fait subir un interrogatoire sans qu’il prenne en considération son état de santé, il accuse le vieil homme (et toute sa génération entre autre) de lâcheté et de trahison à la cause palestinienne… L’échec de la libération de la Palestine est dû au manque de foie chez son peuple, pense-t-il. 


La solution ? 

Reconduire les palestiniens au bon chemin du salaf pour croire au jihad et exclure les occupants.
 
« Quand on ne reconnait pas le faucon, on le grille » (proverbe palestinien)
Le vieil homme presque tout le temps une montre aux genoux tel un bébé, fait face au fanatique, prend la défense de toute la présence, fait appel à l’amour, à la tolérance, à l’humain qui est en chacun… Parfois, il sombre dans son obsession et parle du temps en jonglant avec le champ lexical en rapport avec ce dernier.

Au fur et à mesure, on découvre qu’il était un ancien soldat de la résistance armée qui a échappé à la mort maintes fois et qui a était emprisonné, il se convertie en un sympathisant de Fath et puis devient ce vieux casanier philosophe ou fou qui ne veut pas quitter sa maison et prend sa femme en otage (sa femme, le cliché même de la femme orientale obéissante qui ne veut que servir et satisfaire tout le monde. Pratiquante sans tomber dans l’extrémisme) pour qu’ils vivent ensemble sous les bombardements.

Il nous incite à nous dire : n’est-il pas une question de temps ?
 
L’enferment

L’enfermement est devenu un des aspects spécifiques du cinéma de Masharawi. Je citerai comme exemple « Attente » (enfermement dans le studio et dans l’attente en elle-même), « L’anniversaire de Layla » (enfermement dans le taxi ou dans la course contre le temps) ou «  Ecriture sur la neige » ( film tourné à  huit clos).
 
Masharawi voulait-il nous faire vivre l’enfermement des prisonniers palestiniens qui sont dans les prisons et les geôles israéliennes ??? Voulait-il nous faire sentir ce qu’est de vivre encerclé par un murail ?  Voulait-il nous rendre compte de l’enferment de nos esprits dans des idées qu’on nous fait gober ? Ou voulait-il, tout simplement nous faire gouter à la vie quotidienne palestinienne ?
 
 
« Ecriture sur la Neige », une soirée pleines d’altercations politiques, sociales, historiques, religieuses… des confidences voient le jour, des blessures se ré ouvrent et d’autres qui cicatrisent… Une soirée assemblée et mise en scène par Rashid Masharwi pour nous lancer notre vérité sans maquillage ni retouche : 

Soyons réalistes, le problème est en nous ! Nous sommes faibles devant l’ennemi parce que nous sommes désunis et nous ne nous aimons pas assez. Par Sondes Zarrouki



Zaman A Wasl
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